Bismuth
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Le bismuth est un élément chimique de la famille des pnictogènes, de symbole Bi et de numéro atomique 83.
Longtemps confondu avec le plomb ou l'étain[1], il a été identifié en 1753 par Claude Geoffroy le Jeune qui l'a séparé du plomb.
C'est un métal dont tous les sels et les vapeurs sont toxiques, peu présent dans l'environnement (moins de 1 µg/m3 dans l'air rural, environ 1 mg/kg dans les sols, l'eau de boisson en apportant 5 à 20 µg/jour). Il est réputé présent en très faible proportion dans les organismes animaux, mais sa cinétique dans l'environnement et les organismes a été peu étudiée contrairement à celle d'autres métaux lourds. On ne lui connait pas d'utilité en tant qu'oligoélément.
C'est un sous-produit de l'extraction du plomb, du cuivre, de l'étain, de l'argent et de l'or. Les ressources en minerai exploitable en semblent limitées.
Son nom viendrait de l'allemand « Weisse Masse » (masse blanche).
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[modifier] Caractéristiques
- Élément chimique lourd, de masse 209, de symbole Bi et de numéro atomique 83 appartenant au groupe des pnictogènes.
- Métal blanc légèrement rosé, cristallin, fragile et relativement lourd : d = 9,780. Il est obtenu à partir de son minerai (le bismite).
- Il est le second métal plus mauvais conducteur de la chaleur après le mercure[1].
- Sa résistance électrique (inversement corrélée à la conduction thermique) est ainsi très élevée (pour un métal). De plus, elle augmente fortement avec un champ magnétique, il a le plus important effet Hall de tout les métaux. C'est aussi le métal le plus diamagnétique[1].
- Il est réputé être le moins toxique des métaux lourds, ou en tous cas, celui dont les effets sont les plus rapidement réversibles.
- Le bismuth possède la particularité (qu'il partage avec l'eau) d'être plus dense à l'état liquide qu'à l'état solide.
Densité liquide : > 9,8 ;
Densité solide : 9,780 (cf. tableu des propriétés, ci-contre).
[modifier] Radioactivité
Le seul isotope naturel du bismuth, le bismuth 209, a longtemps été considéré comme le plus lourd de tous les isotopes stables. En réalité il a été montré en 2003[2] qu'il était radioactif avec une demi-vie considérable, de 19x1018 années, soit plus de 1 milliard de fois l'âge estimé de l'Univers !
Ce caractère instable avait été prévu théoriquement. Il se désintègre par transition α d'énergie 3,14 MeV pour donner du thallium 205, stable.
Du fait de sa très grande demi-vie, il doit toujours être considéré comme stable dans toutes ses applications. Mais sur le plan académique, cette découverte est importante dans la mesure où elle valide des prévisions théoriques. L'élément le plus lourd possédant des isotopes stables est donc le plomb.
[modifier] Toxicité pour l’homme
Son mode d’action physiopathologique a été peu étudié et n’est pas encore compris, mais en 1860, plus de 100 ans avant son interdiction presque totale en France (en 1974), Antoine Bechamp (Contemporain de Pasteur, Professeur à Montpellier), dans sa Thèse de médecine (« Préparation et les caractères du sous-nitrate de bismuth ») en collaboration avec C. Saintpierre, mettait déjà en garde quant à la toxicité des sels de bismuth.
Des sels de bismuth dont le salicylate de bismuth ont été testés parentéralement aux humains contre la syphilis, avec des effets secondaires graves liés à sa toxicité (gingivostomatite avec « ligne de bismuth » (taches noires sur les gencives, haleine fétide, salivation), dégâts sur le foie, le rein, et surtout effet neurotoxiques affectant l'ensemble du système nerveux central. À la différence des autres métaux lourds, ses effets toxiques semblent disparaitre après quelques mois, mais ses effets sur l'embryon ou le fœtus ne semblent pas avoir été étudiés, pas plus que ses impacts sur les ouvriers qui y ont été exposés. Ses vapeurs sont toxiques.
Antidotes : chélateurs, La D-pénicillamine et son dérivé N-acétyl sont des antidotes qui se sont montrés efficaces sur la souris intoxiquée par du citrate de bismuth par voie intrapéritoéale[3].
Le bismuth ingéré n’est quasiment pas retrouvé dans le plasma (normalement inférieure à 1 ron 10), ce qui montre qu’il est partiellement absorbé par le tube digestif.
En dépit de mises en garde datant de plus d'un siècle, le bismuth était avant 1974 utilisé à posologie élevée, sans période d'interruption, sans aucune limitation de durée. Des précautions d'emploi édictées dès avant 1910 demandaient qu’en raison de sa toxicité, le bismuth soit prescrit en cures discontinues, mais laboratoires et médecins ont encouragé son usage thérapeutique qui en 10 ans (de 1964 à 1974) avait doublé atteignant 800 t/an en France.
Les progrès de l’épidémiologie ont permis en France dès 1974 d’attribuer de manière certaine à l’ingestion de bismuth médicamenteux des encéphalopathies survenant généralement en 2 phases : une phase prodromique (troubles non spécifiques de type asthénie, insomnie, céphalées perte de mémoire) précédant une phase aigüe (avec des troubles neurologiques graves rappelant les symptômes induits par d’autres métaux lourds tels que le plomb ou le mercure ; dysarthrie, ataxie, troubles de la marche, myoclonies, tremblements, désorientation, agitation, troubles de la mémoire, état confusionnel, hallucinations, convulsions.
Heureusement, l’interruption de la prise de Bismuth était suivie d’une amélioration clinique en quelques jour, avec toutefois une persistance durant quelques mois d’asthénie, de problèmes de mémoire, de sommeil et/ou de céphalées.
Après environ un millier de cas repérés, en France, et d’autres en Australie, le Ministère de la Santé a finalement interdit le bismuth à haute dose dans les médicaments [référence nécessaire]. Il reste utilisé avec succès dans les affections de la sphère ORL à très faibles doses (oligothérapie), et, dans certains pays, par exemple sous forme de « sous-citrate de bismuth-colloïdal » (citrate (DENOL*) et complexe citrate de bismuth-ranitidine), uniquement autorisés contre l'ulcère gastroduodénal où il semble assez toxique pour tuer la bactérie Helicobacter pylori qui induit généralement ce type d’ulcère et qui est très résistante. Les doses de bismuth dans ce médicament sont toutefois bien plus faibles que celles prescrite avant 1974 et chaque phase de traitement ne peut aujourd'hui excéder un mois maximum avec entre deux traitements un arrêt minimal de deux mois.
[modifier] Utilisations
- Fusible (électricité) : On utilise fréquemment comme fil fusible, un alliage de bismuth et d'étain (40% / 60%), qui possède un point de fusion très bas.
- Fusible (protection incendie) : Dans les installations d'extinction par pulvérisation d'eau (souvent appelé « sprinkler ») on utilise comme obturateur un mélange eutectique, de :
bismuth (50%), cadmium (12,5%), plomb (25%), étain (12,5%), fondant à 47°C.
- Chasse : Les « plombs » (ou plus précisément les grenailles) des cartouches "sans plomb", dont chevrotines, sont un alliage de plomb, d'antimoine et d'arsenic parfois remplacé par du bismuth. Pour mettre fin à la pollution par le plomb et aux nombreuses intoxications d'oiseaux, le bismuth (allié à 5% d'étain) remplace parfois les « plombs » classiques. Ces derniers sont le plus souvent remplacé par de l'acier doux qui peut être "bismuthé" (contre l'oxydation), d'autant que les ressources connues de Bismuth sont limitées.
- Verre, céramique : L'oxynitrate de bismuth, BiONO3, est utilisé comme pigment blanc dans le verre et dans la céramique. L'orthovanadate de bismuth BiVO4 est utilisé comme pigment vert-jaune pour le verre et la céramique. Pour l'émaillage, on utilise du borosilicate de bismuth.
- Pharmacie : Le bismuth a autrefois été utilisé dans la pharmacopée sous des formes variées contre l'ulcère gastro-duodénal et dans diverses indications digestives : diarrhée, constipation, colites. Le nitrate de bismuth basique, Bi(OH)2NO3 était utilisé pour enduire les pansements pour brûlure. De nombreuses autres utilisations anciennes étaient les pansements gastriques, des remèdes contre la diarrhée et en dermatologie. Il a été interdit en France après de nombreux problèmes d’intoxication graves lors de traitement médicaux.
- Biocides : il a été utilisé dans certains désinfectants, mais comme le mercure, il a été remplacé par des produits moins toxiques et/ou dégradables.
- Cosmétique : dans les rouges à lèvres, on utilise de l'oxychlorure de bismuth (BiOCl) ou de l'oxynitrate de bismuth (BiONO3) pour sa brillance nacrée.
- Plomberie : l'utilisation du bismuth, en substitution au plomb pour les assemblages, est à l'étude.
- Colorant : En peinture, l'oxyde Bi2O3 a été ou est utilisé pour obtenir du jaune. L'oxychlorure BiOCl donne un pigment blanc.
- Semi-conducteur à propriétés thermoélectriques : Bi2Te3.
Il a aussi été utilisé pour ignifuger des papiers ou polymères, et comme catalyseur, par exemple pour la vulcanisation du caoutchouc.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Cristaux de bismuth
[modifier] Notes et références
- ↑ a b c Bismuth, propriétés chimiques, effets sur la santé et l'environnement
- ↑ Pierre de Marcillac, Noël Coron, Gérard Dambier, Jacques Leblanc, and Jean-Pierre Moalic, « Experimental detection of α-particles from the radioactive decay of natural bismuth », dans Nature, vol. 422, avril 2003, p. 876–878 [lien DOI]..
- ↑ CAT.INIST
